Les conditions de l’idée partisane (Fikrah) : « La Cristallisation, la pureté et la clarté »
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بسم الله الرحمن الرحيم
Les conditions de l’idée partisane (Fikrah) : « La Cristallisation, la pureté et la clarté »
(Traduit)
Question :
Mon honorable frère,
Assalâmou ’alaykoum wa raḥmatoullâhi wa barakâtouh.
Question :À la page 4 (version arabe) du livre Le Groupement Partisan (At-Takattul al-Hizbi), à la huitième ligne en partant du haut, il est écrit :
« Premièrement : elle reposait sur une idée générale non définie, au point d’être vague, voire quasi vague. De plus, elle était dépourvue de cristallisation, de pureté et de clarté. »
Fin de citation.
J’aimerais obtenir davantage d’explications sur les termes suivants : « cristallisation », « pureté » et « clarté ». Que signifient-ils exactement ? Pourriez-vous, si possible, illustrer cela par quelques exemples afin d’en faciliter la compréhension ?Qu’Allah vous accorde la réussite dans ce qu’Il aime et agrée.Votre frère, Radi
Réponse :
Wa ’alaykoum as-salâm wa raḥmatoullâhi wa barakâtouh.
Ce qui est mentionné dans le livre Le Groupement Partisan (At-Takattul al-Hizbi), dans la phrase :« De plus, elle était dépourvue de cristallisation, de pureté et de clarté »,est inspiré des états de la matière.
La matière est d’abord à l’état gazeux, puis devient liquide (ou fluide), avant de devenir solide, moment où ses particules commencent à se cristalliser. Lorsque la cristallisation se produit, les particules de la matière prennent forme et deviennent des cristaux aux formes précises et distinctives. Parmi les exemples les plus évidents figurent les cristaux de diamant, dans lesquels on observe clairement ces formes précises et distinctives.
Lors de la cristallisation, on observe trois caractéristiques :
1- Le cristal adopte une forme précise, ce qui permet de le distinguer des autres. En ce qui concerne la pensée, sa cristallisation consiste à en clarifier les caractéristiques et à les définir, de sorte que la pensée visée acquière une forme claire qui la distingue des autres et ne demeure plus un simple appel émotionnel, vague. Par exemple, affirmer que la renaissance est l’élévation intellectuelle constitue une cristallisation de l’idée de renaissance, laquelle revêt, dans l’esprit de nombreuses personnes, une forme fluide dont les contours ne sont pas clairement définis. De même, définir l’intellect comme étant la transmission au cerveau de la perception de la réalité, accompagnée d’informations préalables grâce auxquelles cette réalité est interprétée, constitue une cristallisation de la notion d’intellect, qui demeurait fluide dans la conception de beaucoup. Il en est de même de la cristallisation des notions de société, d’esprit, de bien et de mal, ainsi que de toutes les autres notions exposées, par exemple, dans le livre Les Concepts du Hizb ut-Tahrir… Tous ces exemples illustrent la cristallisation de la pensée et l’établissement de limites précises et claires qui la distinguent des autres. Il en va de même pour toutes les définitions : leur objectif est de cristalliser le concept défini de manière à le distinguer de tout autre.
C’est pourquoi on dit d’une définition correcte qu’elle est « جامع مانع » (jâmiʿ mâniʿ), c’est-à-dire qu’elle englobe tous les éléments appartenant à ce qui est défini et exclut tout ce qui n’en fait pas partie, mettant ainsi clairement en évidence ses caractéristiques.
2- Il est possible que des impuretés étrangères au cristal s’y trouvent, comme celles que l’on rencontre parfois dans les cristaux de diamant. Une idée peut être cristallisée tout en laissant s’y introduire des éléments qui ne lui appartiennent pas, comme le fait de mêler à l’idée islamique des éléments qui n’en font pas partie. C’est le cas, par exemple, de l’introduction d’idées philosophiques chez les musulmans, comme cela s’est produit dans l’histoire islamique sous l’influence des philosophies orientales et de la philosophie grecque… ou encore de l’introduction d’idées occidentales telles que la liberté dans son acception occidentale, la démocratie, les droits de l’homme, l’adoption du concept de république, l’alternance du pouvoir, ou encore l’affirmation selon laquelle l’islam serait socialiste… autant d’idées qui ne relèvent pas de l’islam mais qui lui ont été attribuées. Ce sont là des impuretés qui rendent l’idée impure.
3- L’introduction d’ambiguïté et le manque de clarté dans le cristal rendent la vision à travers celui-ci obscure et dépourvue de transparence. Cela se produit lorsqu’il existe une rupture entre la source pure d’une idée et les règles qui en découlent. Par exemple, la pensée islamique est fondée sur le credo islamique, et ses règles découlent de ce credo. Afin d’éviter toute confusion ou obscurité dans la pensée de l’islam et ses règles, il est indispensable que la relation entre la pensée, les règles et leur source demeure claire. Autrement dit, il doit exister un lien permanent entre les idées, les règles et le credo, de sorte que la pensée soit fondée sur le credo et que les règles en découlent. Si ce lien n’est pas maintenu, la confusion s’introduit dans la pensée. Cela apparaît clairement à notre époque, où les musulmans, par exemple, ne voient plus d’inconvénient à pratiquer l’usure et à y recourir, sur la base de fatwas éloignées d’une argumentation juridique correcte. Ils ne ressentent plus de répulsion face à leur division en États et en patries, contrairement à ce qu’exige la législation islamique. Ils trouvent également acceptable de traiter avec les étrangers et d’en faire des modèles dans leurs idées, leurs législations et leurs comportements. Les actes répréhensibles se sont répandus sans qu’il n’existe de véritable condamnation à leur égard. Ainsi, l’idée de l’islam est devenue confuse dans l’esprit de beaucoup parce qu’elle n’est plus constamment rattachée au credo islamique et que les règles adoptées ne sont plus déduites selon une méthode correcte de déduction juridiqueà partir des preuves de la Charia.
Votre frère, Ata Ibn Khalil Abu Al-Rashtah
26 Muḥarram 1448 H
11 juillet 2026



